Une journée avec Charly Mottet

Une journée avec Charly Mottet

2 juillet 2012 1 Par Florian Polteau-Gomez

Invité par le biais de @Cath_woman en tant que VIP Orange France, j’ai assisté au Prologue du Tour de France 2012. Mon premier en coulisses, et ma première à Liège, en Belgique. Une journée inoubliable surtout quand on est guidé par un ancien coureur comme Charly Mottet, le Dustin Hoffman du Tour.

D’abord, il faut vous présenter le gars Charly, pour les ignares du cyclisme. Charly Mottet, c’est juste un des meilleurs coureurs français des années fin 80 début 90. 2ème des championnats du monde en 1986, deux fois numéro 1 mondial, 10 Tours de France à son actif, seulement deux abandons, deux 4ème places (1987 cumulé avec 6 jours en Jaune et 1991) et une sixième en 1989 et enfin 6 victoires d’étapes dans les Grands Tours : Tour de France (3), Tour d’Espagne (2) et Tour d’Italie (1).

Humainement, du peu que je l’ai côtoyé, c’est-à-dire une journée, Charly est un gars très gentil, très ouvert, prêt à répondre à n’importe quelle question. Il est là pour ça. Après avoir passé sa carrière sur un vélo, il la passe à faire différentes choses par la suite. Il intègre le service des Sports du Dauphiné Libéré où il collabore en tant que journaliste mais aussi organiseur de la Course du Dauphiné, puis travaille dans l’organisation du Tour et en même temps à l’UCI et enfin devient en 2010 l’organisateur des Grands Prix Cyclistes de Québec et Montréal. Surtout, quand vous vous baladez avec lui dans les coulisses du tour, vous vous arrêtez tout le temps. Pourquoi ?

Parce que tout le monde le connait. Tout le monde le salue, lui sert la main, échange un mot, une conversation, parfois une photo. Coureurs, directeur sportifs, anciens cyclistes, organisateurs, journalistes, et même les plus avertis du public. « Hey c’est Charly Mottet, Charly Mottet tu te rends compte ? » ai-je même entendu de la bouche de sexagénaires excités comme des gosses de 6 ans. Tous lui lâchent un grand sourire lorsqu’ils le croisent. Et sur le Tour, Charly est là en tant que Pilote. C’est à dire qu’il est chargé de conduire une voiture d’invité sur les étapes, pour leur faire vivre la course au plus près. Donc depuis trois ans, c’est chez Orange France que ça se passe. Un chargé de relations publiques en somme.

Du coup, avant le départ fixé samedi 30 juin 2012 à 14h, rendez-vous à midi en bas de l’hôtel pour faire le tour du paddock comme on pourrait dire en Formule 1. Voir à chaque camion d’équipe les coureurs s’échauffer, discuter, voir les staffs s’affairer pour être aux petits soins, c’est juste génial. Avec un minimum de connaissances, les conversations deviennent de plus en plus intéressantes. Avec Charly, on échange sur les coureurs, leurs profils, leurs différentes chances dans ce tour. « Un prologue, on pense que c’est court donc que les coureurs ne vont pas y aller à fond. C’est tout le contraire. Quelque soit leur chance, tout le monde est à fond, pour une bonne raison, nous explique-t-il. C’est que si le lendemain un coureur se retrouve dans une échappée qu’il va au bout et qu’il rate le maillot jaune à 2 secondes parce qu’il l’a joué trop cool, c’est lui, mais aussi toute son équipe qui a les boules ! » Pas faux.

On parle donc technique, tactique en permanence. Grâce à nos bracelets VIP, et surtout à tout le monde qu’il connait, on remonte quasiment jusqu’à la rampe de départ comme si on était photographes officiels. En redescendant, on croise 8 voitures qui vont suivre des coureurs qui vont bientôt s’élancer. J’ai compté, 6 ont ouvert leur vitre pour qu’un personne à l’intérieur salue Charly. Énorme.

On passe devant les stands et les cars des équipes au plus près des coureurs. « Celui-là il est dans le rouge, il devrait bientôt y aller, » lâche-t-il. On passe chez les Orange d’Euskadi-Eskaltel « Vous voyez la médiatisation comment c’est ? C’est en fonction des étapes. Eux sur le prologue, ils n’ont rien à gagner, leur domaine c’est la montagne, donc tous le monde est devant BMC et Sky. Par contre quand on sera dans les Pyrénées, pas loin de chez eux, vous verriez cette ferveur ! »

Après avoir fait un tour de table approximatif on aura croisé entre autre Marc Madiot, Jean-René Bernaudau, Stephen Roche avec qui on a échangé quelques mots ainsi que de nombreux anciens coureurs qui sont eux aussi restés dans le circuit. Notre journée se termine dans l’espace VIP avec un petit granité au soleil, dans les 150 derniers mètres de l’arrivée où on voit passer les 10-15 derniers coureurs, les favoris du Tour.

On a marché, on aura vu des vélos magnifiques, des coureurs en sueurs et on est bien crevé. Et c’est le plus naturellement du monde qu’une fois nos sacs récupérés à l’hôtel, il tient à nous ramener à la gare pour nous souhaiter bon retour. Un type gentil, éclairé, avec qui on passerait bien un Tour de France entier.